plus de photos et vidéos disponibles sur http://www.flickr.com/photos/jmicheletta/
plus de photos et vidéos disponibles sur http://www.flickr.com/photos/jmicheletta/
Encore un truc spécial à propos de ces macaques: ils aiment l'eau!
La plupart des singes ne sont pas franchement attirés par l'eau, c'est pour ça que de plus en plus de zoo mettent leur primates sur de petites îles artificielles. C'est plus joli que les
barreaux et aussi efficace. Oui, seulement avec nos macaques, ça ne marcherait pas...
Voici quelques photos d'eux lorsqu'ils jouent dans l'eau. Ils peuvent utiliser des marres après une grosse pluie, ou carrément aller dans une rivière. Sur internet, il y a même des vidéos dans
lesquelles ils se baignent dans la mer! En un an, j'ai jamais vu ça (cliquez ici pour voir la
vidéo).
Tous ne se baignent pas, certains restent au bord de l'eau et même si on peut lire la curiosité et l'envie
d'aller jouer avec les autres, ils osent à peine toucher l'eau. D'autres, au contraire, sautent comme des fous et parfois nagent sous l'eau (quand ils font ça, ils sont horribles, ils
ressemblent à des gros rats, photo ci dessous). Lorsqu'un jeune va complètement sous l'eau, lorsqu'il sort, les autres jeunes lui courent après, ils sont super excités et même les gros
sub-adultes se mettent à jouer!
Sur plusieurs photos vous pouvez voir une mimique caractéristique du jeu: la bouche grande ouverte avec les dents apparentes: la play-face.
Je suis un serpent ! Bravo, vous avez deviné, en même temps c’était pas trop dur. Je vous ai déjà parlé des pythons, mais depuis, j’ai eu l’occasion de faire quelques nouvelles rencontres auxquelles je ne m’attendais pas vraiment.
Suivons donc l’ordre chronologique…Il y a un bon moment maintenant, je marchais dans la forêt avec Ugiek (jusque là rien de nouveau) à travers de hautes herbes et des buissons pleins d’épines. Ugiek passe au milieu d’un buisson, puis se retourne et dit : « Be careful Jérôme, there’s a snake here ». Après 10 secondes à scruter le sol, enfin je le vois, un joli petit serpent orange, rayé noir avec de gros yeux. Si Ugiek ne se trompe pas il s’agit de Boiga irregularis (aucune idée du nom commun). Encore un de ces serpents dont les macaques ne se soucient pas ! Malheureusement pour nous, le système d’alarme ne fonctionne bien qu’avec les pythons (en même temps c’est les plus fréquents et les plus gros. Vous ais-je dit que Sulawesi détient ou détenait le reccord du plus long serpent du monde, avec un python réticulé de 9m97cm !!). En fait les singes aiment bien jouer avec celui-ci…
Bien entendu je passe sur les dizaines de pythons que j’ai croisé et les centaines de pythons que je n’ai pas remarqué…Après le boiga, il y eu ce long serpent sur lequel je ne peux mettre aucun nom pour l’instant. Il zonait un soir près de notre « espace lessive ». La cuisinière l’a remarqué par la fenêtre de la cuisine et elle a crié très fort. Ugiek notre mister snake a attrapé le serpent pour le relâcher un peu plus loin…Une autre fois il y avait le même serpent sur le toit des toilettes, bien entendu, Christof l’a vu alors que j’étais dans lesdites toilettes : « Jérôme, tu vas peut être avoir de la compagnie », voila ce qu’il m’a dit.
Retour dans la forêt pour un serpent un peu plus impressionnant, dans les 2-3 mètres de long, blanc et noir. Je l’ai trouvé tout seul comme un grand alors que je prenais ma pause repas. Il était pile à la hauteur de ma tête ce qui n’est pas franchement rassurant. Il est resté là a me regarder prendre les photos puis quand les macaques ont rappliqué il a filé dans les arbres. Un des singes n’a rien trouvé de mieux à faire que de secouer l’arbre dans lequel le serpent était. Résultat, le serpent est tombé à environ 1m d’Antri qui scrutait les arbres pour savoir où il avait filé…petite frayeur…Selon mes sources (merci Catherine) ce serait une couleuvre.
Encore plus impressionnant : Le cobra de Sulawesi. On m’avait dit qu’il y avait des cobras ici, Julie m’avait aussi raconté qu’elle en avait vu un mais qu’elle n’était pas sure. Et bien maintenant j’en suis sur. Je l’ai trouvé près de la plage, entouré de singes, il a filé dare-dare quand je suis arrivé. Après comparaison avec les photos prises dans un zoo, il s’agit bien du serpent que les gens d’ici appellent le cobra de Sulawesi. Quand a savoir s’il est vraiment endémique et si c’est vraiment un cobra. A vos clavier et faites chauffer google…
Le meilleur pour la fin comme d’habitude. Un mauvais jour pour moi, les singes passaient toute la matinée dans un figuier et ne voulaient vraiment pas redescendre. J’ai donc commencé à marcher autour de l’arbre pour essayer de trouver un singe à suivre mais au lieu de ça je tombe sur une jolie petite vipère verte (Trimeresurus wagleri) ! En plein milieu du sentier. C’était la première fois que j’en voyais une, c’est vraiment un beau serpent, j’ai encore des frissons quand je regarde les photos. Elle m’a offerte une belle séance photo, sans broncher et sans bouger. Je suis repassé au même endroit 3 jours après, elle était toujours là…Julie et Christof ont vu une autre vipère, a peu près de la même taille et de la même forme mais avec des motifs camouflage verts rouge brun et blanc. Je n’ai pas de photos pour l’instant… Rassurez-vous, pour l’instant aucune attaque de serpents à déplorer. Tout de même en croisant ces petites ou grosses bêtes, on se rappelle qu’on est bien dans un pays tropical…
Amis herpétologistes, cet article est pour vous l’occasion de faire valoir vos connaissances, comme je ne connais rien aux serpents, j’attends vos commentaires pour l’identification des espèces restantes !
Pour changer, un peu de culture…Papa, maman et tata étant de passage en Indonésie pour rendre visite à leur fils chéri, nous avons profité de l’occasion pour voyager un peu. Bien sûr, avant ça ils ont profité de Tangkoko et de Bunaken. Direction le sud de Sulawesi donc, et plus précisément Tana Toraja. Cette partie de Sulawesi est peut-être la plus touristique en raison de sa richesse culturelle.
Les cérémonies funéraires sont particulièrement célèbres. Malgré le passage des commerçants et celui des missionnaires qui ont converti la majorité de la population au christianisme, les croyances des Torajas sont toujours bien ancrées. Pour ceux qui veulent en savoir plus, vous pouvez lire le bouquin de Nigel Barley : « L’anthropologie n’est pas un sport dangereux » (cf. le premier arcticle).
Après deux heures d’avion pour rejoindre Makassar, puis 8h de bus pour arriver a Rantepao, on arrive enfin en terre Toraja. La route n’étant pas vraiment super, le trajet a été distrayant. On pourrait comparer ça aux montagnes russes si vous voulez. A Rantepao, y’a pas grand-chose à faire mais les environs sont pleins de villages traditionnels et de différents types de tombes et de grottes. Le tout au pied des montagnes et au milieu des rizières. Ça change des cocotiers de chez moi…
Dans le bus, on a fait la connaissance d’une demoiselle, qui comme tout Indonésien qui se respecte, s’est empressée de faire la conversation. Grâce à elle on a appris qu’une des fameuses cérémonies funéraires devait se dérouler le lendemain. Le programme du lendemain était tout déjà trouvé.
Il n’a pas fallu 5 min pour se rendre compte qu’ici, le tourisme, on connaît. Les guides abondent, viennent vous cueillir dès la sortie de l’aéroport ou à l’entrée de l’hôtel. Arrivés à l’hôtel, il ne nous a donc pas fallu longtemps pour trouver un guide pour nous emmener à la cérémonie. Même si on se sent un peu harcelé, nous étions tous très contents de voir la cérémonie funéraire, d’autant plus que c’était inattendu.
Après une bonne nuit à l’hôtel, on se rend donc dans un petit village pour le deuxième jour de la cérémonie funéraire. Lorsqu’un Toraja meurt, la famille doit organiser les funérailles. Jusque là rien d’anormal. Oui, sauf que toute la famille doit être présente et qu’il faut faire de nombreux sacrifices et cadeaux au défunt. L’organisation des funérailles demande donc énormément de temps et de moyens. Autre détail troublant, jusqu'à ce que la cérémonie soit accomplie, le mort n’est pas considéré comme mort mais « malade ». La famille proche continue de le traiter ainsi, lui apporte des cigarettes, à manger et à boire. Le corps peut parfois rester dans la maison familiale pendant plusieurs mois, voire une année (vive le formol).
Une fois que tout le monde est prêt et que la famille a suffisamment d’argent, on peut commencer. Toutes les différentes branches de la famille se rendent en procession dans des maisons de bambous construites spécialement pour l’occasion et dont les décorations seront détruites une fois la cérémonie terminée (sous peine de mauvais présage !). Tout au long de la journée, les gens défilent et sont présentés par un maître de cérémonie. Tous apportent des cadeaux, cigarettes, cochons (encore vivants, mais pas pour longtemps). L’un des moments importants de la cérémonie est le sacrifice d’un ou de plusieurs buffles, pour accompagner l’âme du défunt. Le nombre et la qualité des buffles sacrifiés dépend du niveau social du défunt (plus il est riche ,plus il faut tuer de buffles). Cette pratique est d’autant plus surprenante que les buffles valent énormément d’argent (jusqu’à 400 000 000 Rp sachant que le salaire moyen est autour de 1 000 000 Rp) !
Selon notre guide, parfois des centaines de buffles sont sacrifiés. Ils sont ensuite dépecés et découpé,s puis distribués parmi les invités de marque et la famille proche. Pareil pour les cochons, sauf qu’ils sont cuisinés sur place et servent de repas de midi. Contrairement aux buffles ils ne sont pas sacrifiés devant la maison familiale mais aux alentours. Rien que pour la journée où nous étions présents, 2 buffles et des dizaines de cochons ont été tués…
La famille proche est habillée de vêtements traditionnels, reçoit les invités tour à tour et leur offre à boire et à manger. Tout ça, c’était très impressionnant. Comme d’habitude les gens étaitent très aimables et aux petits soins pour nous, malgré l’étrangeté de la situation (vous imaginez-vous des touristes indonésiens qui débarquent pendant un enterrement en France, qui prennent des photos etc. ?).
La cérémonie dure 5 jours et le dernier jour, le mort est enfin enterré. Enfin si on veut car les Torajas ont plusieurs types de tombes. Les plus anciennes sont les tombes suspendues, mais depuis l’arrivée des missionnaires, terminé, à cause des maladies et des odeurs…Le corps était placé dans un cercueil de bois sculpté ou non (selon le niveau social) et suspendu à flanc de falaise, dans un renfoncement ou dans une grotte naturelle. Lorsqu’un autre membre de la famille décède, on pousse les os du premier et on place le nouveau corps dans le même cercueil (c’est ce qui explique l’abondance d’os partout sur la photo). Pour chaque mort on place une statue à l’effigie du défunt qui est sa représentation vivante.
Une autre pratique ancienne et supprimée par le christianisme concerne les corps des enfants, quand un enfant meurt avant d’avoir des dents. La mort d’un enfant étant un évènement néfaste, pour éviter que cela se reproduise, ou pour que les enfants suivants soient exempts de maladie ou de déformations, son corps est placé dans une cavité creusée dans un arbre vivant. De cette façon, les Torajas pensent que le bébé continue de grandir avec l’arbre.
Tout cela ne se fait plus. Aujourd’hui, les morts sont placés soit dans des tombes normales comme chez nous ou plus traditionnellement, dans des cavités creusées à même la roche, dans des falaises. Des terrasses sont également conçues pour abriter les statues à l’effigie du mort (tau tau)
Le jour suivant, on a été se balader au milieu des rizières dans les montagnes (première photo). On a bien profité de la vue et des oiseaux, traversé plusieurs villages traditionnels et vu de nombreuses tombes. Très joli malgré la pluie…On en a profité pour tester des parapluies 100% naturels en feuilles de bananiers…
Ensuite, retour à Makassar avec le bus encore une fois, mais de nuit et le bus étant un peu plus récent, le voyage a été moins chaotique…A makassar on a eu la bonne idée de séjourner dans un hôtel voisin d’un autre hôtel où séjournait le président ! Le daron en a profité pour faire connaissance et sympathiser avec la police locale…Moi je devais retourner au travail et j’ai donc pris la direction de l’aéroport avec un ojek (moto qui vous emmène où vous voulez). Manque de bol le conducteur était un peu gras et la moto un peu vieille, on est donc tombé en panne après avoir fait un long détour pour éviter un contrôle de police, j’ai dû changer de moto et de chauffeur pour arriver juste à temps à l’aéroport.
Bonjour, aujourd’hui : leçon d’écologie. Nous allons parler des relations entre espèces. La forêt constitue un écosystème dans lequel les différentes espèces animales et végétales interagissent, blablabla…Bon j’abandonne le style prof, n’empêche que c’est vrai, les différentes espèces interagissent et je vais tâcher de vous montrer quelques exemple avec photos à l’appui.
Le plus évident, c’est de voir les espèces qui gravitent autour des singes. La plupart des autres animaux détalent à leur passage mais certains trouvent un avantage à suivre les macaques. Par exemple, plusieurs espèces d’oiseaux passent la journée en compagnie de mes copains poilus et profitent de leur remue ménage pour s’en mettre plein la panse ! Eh oui, lorsqu’ils sont dans les arbres, les macaques font fuir plein d’insectes : sauterelles, cigales et compagnie. Les oiseaux se jettent alors à leur poursuite et les pauvres petites bêtes finissent la plupart du temps dans leur estomac. En gros elles ont le choix entre l’estomac de macaques et celui d’oiseaux…Voici deux de ces espèces d’oiseaux : le malkoha à bec jaune (à gauche) et le Drongo (à droite). Le malkoha ne vole pas super bien, il se contente de sautiller et de planer, par contre le Drongo est taillé pour la chasse et il peut faire des virages à 180° et des piqués de malades !
En un peu plus classe et tout aussi efficace, il y a le Chinese Goshawk, une sorte de petit faucon. Il y en a plusieurs espèces qui se ressemblent un peu. Celui là est le plus facile à voir. Comme le drongo il est super habile, mais il a la classe des rapaces.
Bon, le parasitisme, c’est un peu difficile à montrer en image mais vous avez déjà vu les photos de toilettage. Alors oui, il y a des parasites sur les macaques mais vu la fréquence du toilettage ils doivent survivre bien longtemps. Passons donc à ce que vous attendez tous, la prédation : du sang ! du sang !
Les macaques sont principalement frugivores mais ils consomment aussi beaucoup d’insectes. La prédation des insectes n’étant pas vraiment spectaculaire, je n’ai pas de photos sous la main à part celle-ci où on voit Mina et un juvénile manger du miel.
Ce qui est moins connu, c’est que lorsque l’occasion se présente, les macaques ne crachent pas sur un bout de viande (moi non plus, je ne cracherais pas sur un steak !!). Parmi les victimes, on compte : des lézards, des souris, des chauves souris, des oiseaux (parfois encore dans l’œuf). S’ils sont déjà morts, ils ne sont pas intéressants (peut être parce qu’ils puent ?). En général, ils commencent à s’approcher prudemment, puis ils reniflent l’animal mort et commencent à le toiletter. C’est assez marrant.
Les macaques ne sont pas de redoutables chasseurs mais ils sont opportunistes et s’ils tombent sur un oiseau malade ou blessé, pas de bol pour lui. C’est ce qui est arrivé à ce pauvre jeune Martin-pêcheur. J’avoue que c’est un peu de ma faute, il s’est envolé juste devant moi, mais seulement sur quelques mètres et puis Kitting, un mâle s’est jeté sur lui, l’a écrasé puis l’a plumé pour enfin le manger. Il aurait mieux fait de rester devant moi…Pour compenser, Antri et Ade, deux assistants du projet, on arraché un autre bébé Martin-pêcheur des mains d’un autre mâle le jour suivant.
La même chose est arrivée à cette pauvre chauve souris, dévorée par un jeune mâle nommé Oneyed Jack, on se demande pourquoi…
Fini pour la tuerie. Les singes ne sont pas toujours aussi méchants. En fait,j e crois que ça dépend surtout de la taille de l’autre animal. Vous avez déjà vu les photos des juvéniles assis à quelques mètres (si vous ne l’avez pas encore vu, précipitez vous sur l’article sur les pythons !). Je vous remets une photo pour la forme, avant de passer aux choses sérieuses. Si si, regardez bien dans le quart supérieur gauche, il y a bien un python.
Voici donc quelque chose de plus exceptionnel. Presque digne de national geographic (si seulement j’avais réussi mes photos…) : voici ce qui arrive parfois lorsque les singes tombent sur un cuscus :
Ce jour là les singes mangeaient tranquillou dans un arbre, lorsque le cuscus s’est réveillé et a voulu partir discrétos. Manque de bol, ça a attiré l’attention des singes qui ont commencé par s’approcher, puis essayé de toucher le cuscus, qui n’était pas d’accord du tout. Ce dernier s’est mis debout et a essayé d’impressionner les jeunes singes. Comme vous le voyez sur les photos, ça n’a pas été très efficace…
Le dernier article n’étant pas franchement joyeux, il est temps de rétablir la joie et la bonne humeur avec de vraies bonnes nouvelles : ces derniers mois, nous avons eu pas moins de six naissances ! Des jolis petits macaques tout blancs et tout frippés ! Eh oui, ils ont beau être tout noirs nos macaques, les bébés eux sont tout blancs, avec peu de poils (un peu comme chez nous). Ils ont les yeux bleus, très foncés, qui ensuite passeront par le vert avant d’arriver au marron/orange qui est la couleur définitive.
Toute l’équipe du macaca nigra project est donc heureuse de vous annoncer les naissances de :
-
Yoda (mâle)
- Mougli le 02/12/08 (mâle)
- UI le 23/11/08 (mâle)
- KI le 31/12/08 (mâle)
- NC le 06/01/09 (mâle)
Les derniers nés n’ont pas encore de prénoms. Avis à ceux qui voulaient un site plus interactif…Seule contrainte : les prénoms doivent commencer pas la même lettre que le prénom de la maman,
donc U, K et N. Ce sont tous des mâles. Vous pouvez également leur envoyer des cadeaux d’anniversaire, à mon nom. Bien entendu je ferai en sorte que ça leur arrive (ou pas).
Les petits nouveaux sont au cœur de toutes les attentions. Daphné qui étudie les relations entre les enfants et les mâles est bien évidement ravie, nous aussi car ça fait toujours plaisir de voir de nouveau individus, et les plus heureux sont sûrement les singes eux mêmes. En effet lorsqu’une femelle donne naissance, toutes les autres femelles et les juvéniles sont très curieux et cherchent à interagir avec la maman et l’enfant. On ne sait pas encore très bien pourquoi, il existe plusieurs hypothèses (rassurez vous je n’entrerai pas dans les détails) : 1) cela faciliterait la socialisation de l’enfant, 2) cela permettrait aux jeunes femelles d’apprendre à s’occuper de leurs futurs bébés, 3) cela permettrait d’aider la mère à s’occuper de son bébé et enfin 4) les femelles sont attirées par tous les enfants, pour faire simple : comme elles doivent s’occuper attentivement de leur propre bébé, il est qu’elles s’intéressent à tous les bébés. Quoi qu’il en soit, les jeunes mamans sont rarement tranquilles, il y a toujours un jeune ou une femelle qui cherche leur proximité.
On continue dans l’ornithologie avec quelques rapaces du coin. Il y en a beaucoup, des petits et des grands, des communs et des rares. Je vais me focaliser sur les grands pour le moment. Le petits viendront peut être plus tard.
Il y a quelques temps alors que je suivais les singes dans la forêt (jusqu’ici rien de nouveau), ils m’ont emmené près d’un grand arbre mort qui sert d’abris à une colonie d’oiseaux. Ils sont montés dans les arbres pour manger et moi j’ai perdu la femelle que j’étais entrain de suivre…Alors je me suis dit, tiens c’est l’occasion de faire quelques photos de cet arbre avec tous ces oiseaux dessus ce sera joli. Je commence donc à regarder l’arbre pour trouver un oiseau pas trop haut pour que je puisse faire une belle photo et là ces piafs qui sont d’ordinaires si bruyants, ont fermé leurs becs et ont filés. J’ai à peine eu le temps de me demander pourquoi que j’ai vu perché sur l’arbre un magnifique aigle blanc, endémique à Sulawesi (quelle surprise), le « Sulawesi Hawk-Eagle » (Spizaetus lanceolatus). Il attendait tranquillement perché là-haut, probablement à la recherche d’une proie facile. Sur la première photo, il ne s’agit que d’un juvénile. Sur la deuxième, avec le ventre rayé blanc et noir, c'est un adulte. C’est un oiseau assez rare et timide, d’habitude il fout le camp avant même que vous ne l’ayez vu !
Le troisième spécimen que j’ai pu observer sur cet arbre est le « Brahminy Kite » (Haliastur indus). Celui-ci n’est pas endémique mais il est joli quand même. J’ai essayé de prendre des photos lorsqu’il planait autour de l’arbre mais sans succès. La prochaine fois peut-être. C’est assez marrant de voir tous ces aigles au même endroit, à croire qu’ils se passent le mot : « hey, j’ai trouvé un garde manger sympa par là-bas, tu devrais allez faire un tour ! ». En tout cas c’est bien pratique pour prendre des photos.
Pour finir, voici le « White-bellied sea eagle » (Haliaeetus leucogaster) (à vérifier). Encore une fois je l’ai repéré grâce aux macaques alors qu’ils se promenaient sur la plage. Soudainement ils ont poussés des cris d’alarmes. D’ordinaire ils font ça pour les pythons alors j’ai plutôt regardé le sol mais j’ai ensuite vu que les singes désertaient la plage pour se mettre à l’abri sous les arbres. J’ai donc levé les yeux et vu cet immense aigle planer au dessus de nos têtes. Vraiment impressionnant, au moins deux mètres d’envergure et encore une fois ce n’était qu’un juvénile ! Il a fait quelques cercles au dessus de nous, je me suis précipité sur la plage pour le mitrailler et ensuite il s’est posé, très haut, assez loin mais j’ai quand même quelques belles photos. C’est assez surprenant de voir que les macaques poussent des cris d’alarme pour les aigles, je pensais que leurs seuls prédateurs étaient les hommes et les pythons…
La question intéressante est maintenant : les cris d’alarmes sont-ils spécifiques aux différents prédateurs, comme chez d’autres primates ? Autrement dit, existe-t-il une sémantique chez les macaques ? Probablement, il à déjà été montré que leur cris liés à la nourriture sont différents en fonction de la qualité de la nourriture. Il existe un cri équivalent à « miam miam caviar ! » et un autre pour « mouais, pasta encore une fois ». Enfin à ma connaissance ça reste à prouver pour les prédateurs. Il y à encore du travail pour moi, ouf…