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Samedi 18 avril 2009

Pour changer, un peu de culture…Papa, maman et tata étant de passage en Indonésie pour rendre visite à leur fils chéri, nous avons profité de l’occasion pour voyager un peu. Bien sûr, avant ça ils ont profité de Tangkoko et de Bunaken. Direction le sud de Sulawesi donc, et plus précisément Tana Toraja. Cette partie de Sulawesi est peut-être la plus touristique en raison de sa richesse culturelle.

Les cérémonies funéraires sont particulièrement célèbres. Malgré le passage des commerçants et celui des missionnaires qui ont converti la majorité de la population au christianisme, les croyances des Torajas sont toujours bien ancrées. Pour ceux qui veulent en savoir plus, vous pouvez lire le bouquin de Nigel Barley : « L’anthropologie n’est pas un sport dangereux Â» (cf. le premier arcticle).

Après deux heures d’avion pour rejoindre Makassar, puis 8h de bus pour arriver a Rantepao, on arrive enfin en terre Toraja. La route n’étant pas vraiment super, le trajet a été distrayant. On pourrait comparer ça aux montagnes russes si vous voulez. A Rantepao, y’a pas grand-chose à faire mais les environs sont pleins de villages traditionnels et de différents types de tombes et de grottes. Le tout au pied des montagnes et au milieu des rizières. Ça change des cocotiers de chez moi…

 

 

Dans le bus, on a fait la connaissance d’une demoiselle, qui comme tout Indonésien qui se respecte, s’est empressée de faire la conversation. Grâce à elle on a appris qu’une des fameuses cérémonies funéraires devait se dérouler le lendemain. Le programme du lendemain était tout déjà trouvé.

Il n’a pas fallu 5 min pour se rendre compte qu’ici, le tourisme, on connaît. Les guides abondent, viennent vous cueillir dès la sortie de l’aéroport ou à l’entrée de l’hôtel. Arrivés à l’hôtel, il ne nous a donc pas fallu longtemps pour trouver un guide pour nous emmener à la cérémonie. Même si on se sent un peu harcelé, nous étions tous très contents de voir la cérémonie funéraire, d’autant plus que c’était inattendu.

Après une bonne nuit à l’hôtel, on se rend donc dans un petit village pour le deuxième jour de la cérémonie funéraire. Lorsqu’un Toraja meurt, la famille doit organiser les funérailles. Jusque là rien d’anormal. Oui, sauf que toute la famille doit être présente et qu’il faut faire de nombreux sacrifices et cadeaux au défunt. L’organisation des funérailles demande donc énormément de temps et de moyens. Autre détail troublant, jusqu'à ce que la cérémonie soit accomplie, le mort n’est pas considéré comme mort mais « malade Â». La famille proche continue de le traiter ainsi, lui apporte des cigarettes, à manger et à boire. Le corps peut parfois rester dans la maison familiale pendant plusieurs mois, voire une année (vive le formol).

 


 

Une fois que tout le monde est prêt et que la famille a suffisamment d’argent, on peut commencer. Toutes les différentes branches de la famille se rendent en procession dans des maisons de bambous construites spécialement pour l’occasion et dont les décorations seront détruites une fois la cérémonie terminée (sous peine de mauvais présage !). Tout au long de la journée, les gens défilent et sont présentés par un maître de cérémonie. Tous apportent des cadeaux, cigarettes, cochons (encore vivants, mais pas pour longtemps). L’un des moments importants de la cérémonie est le sacrifice d’un ou de plusieurs buffles, pour accompagner l’âme du défunt. Le nombre et la qualité des buffles sacrifiés dépend du niveau social du défunt (plus il est riche ,plus il faut tuer de buffles). Cette pratique est d’autant plus surprenante que les buffles valent énormément d’argent (jusqu’à 400 000 000 Rp sachant que le salaire moyen est autour de 1 000 000 Rp) !

 

 

Selon notre guide, parfois des centaines de buffles sont sacrifiés. Ils sont ensuite dépecés et découpé,s puis distribués parmi les invités de marque et la famille proche. Pareil pour les cochons, sauf qu’ils sont cuisinés sur place et servent de repas de midi. Contrairement aux buffles ils ne sont pas sacrifiés devant la maison familiale mais aux alentours. Rien que pour la journée où nous étions présents, 2 buffles et des dizaines de cochons ont été tués…

La famille proche est habillée de vêtements traditionnels, reçoit les invités tour à tour et leur offre à boire et à manger. Tout ça, c’était très impressionnant. Comme d’habitude les gens étaitent très aimables et aux petits soins pour nous, malgré l’étrangeté de la situation (vous imaginez-vous des touristes indonésiens qui débarquent pendant un enterrement en France, qui prennent des photos etc. ?).


 


 

La cérémonie dure 5 jours et le dernier jour, le mort est enfin enterré. Enfin si on veut car les Torajas ont plusieurs types de tombes. Les plus anciennes sont les tombes suspendues, mais depuis l’arrivée des missionnaires, terminé, à cause des maladies et des odeurs…Le corps était placé dans un cercueil de bois sculpté ou non (selon le niveau social) et suspendu à flanc de falaise, dans un renfoncement ou dans une grotte naturelle. Lorsqu’un autre membre de la famille décède, on pousse les os du premier et on place le nouveau corps dans le même cercueil (c’est ce qui explique l’abondance d’os partout sur la photo). Pour chaque mort on place une statue à l’effigie du défunt qui est sa représentation vivante.

 

 

Une autre pratique ancienne et supprimée par le christianisme concerne les corps des enfants, quand un enfant meurt avant d’avoir des dents. La mort d’un enfant étant un évènement néfaste, pour éviter que cela se reproduise, ou pour que les enfants suivants soient exempts de maladie ou de déformations, son corps est placé dans une cavité creusée dans un arbre vivant. De cette façon, les Torajas pensent que le bébé continue de grandir avec l’arbre.

 

 

Tout cela ne se fait plus. Aujourd’hui, les morts sont placés soit dans des tombes normales comme chez nous ou plus traditionnellement, dans des cavités creusées à même la roche, dans des falaises. Des terrasses sont également conçues pour abriter les statues à l’effigie du mort (tau tau)

 

 

Le jour suivant, on a été se balader au milieu des rizières dans les montagnes (première photo). On a bien profité de la vue et des oiseaux, traversé plusieurs villages traditionnels et vu de nombreuses tombes. Très joli malgré la pluie…On en a profité pour tester des parapluies 100% naturels en feuilles de bananiers…

 

 

Ensuite, retour à Makassar avec le bus encore une fois, mais de nuit et le bus étant un peu plus récent, le voyage a été moins chaotique…A makassar on a eu la bonne idée de séjourner dans un hôtel voisin d’un autre hôtel où séjournait le président ! Le daron en a profité pour faire connaissance et sympathiser avec la police locale…Moi je devais retourner au travail et j’ai donc pris la direction de l’aéroport avec un ojek (moto qui vous emmène où vous voulez). Manque de bol le conducteur était un peu gras et la moto un peu vieille, on est donc tombé en panne après avoir fait un long détour pour éviter un contrôle de police, j’ai dû changer de moto et de chauffeur pour arriver juste à temps à l’aéroport.

Par Rejome
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